Titre original : Suchîmubôi Année de production : 2004 Studio : Sunrise
Réalisateur : Katsuhiro Ôtomo
Format : Film - 2h 6min Genre : Steampunk / Science-fiction
Restriction public : quasi aucune violence Public conseillé : 10+
[Licencié] |
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Synopsis
L’histoire se déroule dans l’Angleterre du XIXème siècle. Ray Steam est un jeune garçon très doué pour les sciences et la technologie. Il semble que ce don soit héréditaire car il est le fils d’Edward et le petit-fils de Lloyd qui sont tous deux de très brillants inventeurs de machines à vapeur. Mais alors que ces derniers ne sont pas revenus de leur départ pour l’Amérique, un colis arrive dans la maison de la famille Steam. Le grand-père confie une curieuse boule métallique à Ray qui ne devra la donner sous aucun prétexte avant son retour.
C’est là que des membres de la Fondation O’Hara, pour laquelle travaillent les deux paternels, débarquent pour s’en emparer. Ray prend donc la fuite et est secouru in extremis par le scientifique Robert L. Stevenson (l’auteur de « L’île aux trésors » pour les incultes), lequel semble bien connaître Edward et Lloyd.
Pendant ce temps, on prépare à Londres l’Exposition universelle. La Fondation O’Hara a justement investi dans un pavillon qui y présentera les nouvelles technologies à vapeur. C’est à la jeune Scarlett, fille du fondateur, que reviendra la tâche de les vendre. Mais ce n’est pas tout ce qui semble prévu au programme.
Mon avis
Beaucoup d’entre vous connaissent peut-être déjà Katsuhiro Ôtomo. Ce dernier a déjà roulé sa bosse dans le domaine de l’animation japonaise depuis un certain temps mais est aussi mangaka. C’est d’ailleurs son travail dans la BD qui lui aura d’abord apporté la reconnaissance mondiale avec son chef-d’œuvre de la science-fiction : Akira. Mais le but n’est pas de juger ici le dit manga mais le film Steamboy, son dernier bébé cinématographique à l’heure actuelle (il travaille en 2006 sur un nouveau projet). Un film sur lequel il aura travaillé pendant plus de 10 ans et qui aura nécessité un budget 2,4 milliards de yen (soit environ 20 millions de dollars), le plus gros budget pour un film d’animation japonais.
Par où commencer ? A vrai dire, trouver un point de départ au commentaire de Steamboy n’est pas évident tant il y a de choses à dire. Commençons par exemple par le scénario. L’histoire est une uchronie du XIXème siècle (c’est-à-dire une histoire se basant sur des lieux et faits historiques mais les détournant). Si l’on regarde le film une première fois d’un œil tout à fait innocent, on nous livre là une histoire sympathique, voir classique, où un jeune adolescent surdoué se retrouve avec le sort du monde entre les mains et devant empêcher des forces logiquement supérieures aux siennes (le monde des adultes) de faire un mauvais usage d’un objet qui s’avère être une arme dévastatrice. Il apparaît au premier abord que l’histoire est compréhensible par tous, même les plus jeunes pourront profiter pleinement de ce film d’aventures.
Mais pourtant, peut-être à cause de son réalisateur, l’histoire offre aussi une très grosse critique et des débats qui sont encore d’actualité aujourd’hui. La science, ce qu’elle peut apporter à l’humanité et ce qu’elle peut lui arracher. La volonté première de l’Homme et l’utilisation réelle par celui-ci. Beaucoup de points de réflexion sont soulevés au cours du film et il s’avère bien plus complexe et ambigu qu’il n’y paraît. En même temps, il en est toujours ainsi pour les œuvres de science-fiction, il s’agit de faire réfléchir le spectateur. On peut donc dire que c’est ici réussi, même une fois de plus très accessible à ceux qui s’en donneront la peine. On en n’est pas au niveau de certains tordus comme pour les films Ghost In The Shell (que je porte très haut en estime d’ailleurs, n’allez pas croire).
Côté musique, c’est Steve Jablonsky, un compositeur américain qui s’en charge. Il livre ici un travail très maîtrisé, chaque morceau colle parfaitement à sa scène. Même si tout n’est pas transcendant, la musique reste très plaisante. Et le plus beau morceau reste tout de même le dernier, celui que l’on entend lors de la coda où l’on voit ce qu’il advient de Ray après le film. Un pur bonheur à écouter et réécouter.
Si on devait maintenant parler de l’aspect graphique du film (j’ai gardé le meilleur pour la fin), je dirais qu’on tombe là sur LE point fort du film. Jamais un tel niveau n’avait été atteint jusqu’à la sortie de ce film. Bénéficiant des toutes dernières technologies d’animation, le film mélange aisément et sans bavures les éléments 2D et 3D. Tout paraît homogène et le résultat est simplement magnifique. Les décors sont de toute beauté (les plans larges sur la ville de Londres, le bateau passant sous le pont, tout est une véritable claque visuelle) et on ne peut que s’incliner devant le travail des artistes qui en sont les géniteurs. Les habitués du réalisateur retrouveront cette petite touche Ôtomo dans le design des personnages (bien qu’il n’en soit pas chargé officiellement). C’est propre, original et leurs costumes en parfait accord avec l’époque et le lieu. Un autre bon point du côté du mecha-design. Les machines à vapeur, les engins volants, etc. Tout est superbement réalisé et ingénieux. Très franchement, on ne peut que se délecter de l’aspect graphique de ce film.

Conclusion
Mais que peut-on reprocher à ce film ? Techniquement, il ne fait pas un doute qu’il est à la pointe et l’équipe d’Ôtomo maîtrise parfaitement son art. Peut-être repose-t-il un peu trop sur cette fameuse pointe de la technologie et aurait-il pu gagner par un côté plus humain dans sa réalisation.
Mais ce film reste un petit bijou, à voir sans fin pour profiter de tous les petits détails qui rendent ce film si riche. Ce côté un peu grand public le rend accessible à un maximum de personnes, très franchement, chapeau bas messieurs.

Scenario
16/20
Bande son
15/20
Graphisme
18/20
Note Globale
16/20
Crimson Raven
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